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le DAF face à la data

CFO 4.0, augmenté ou ubérisé… les données financières au cœur de la performance pour les directions financières ?

Composer avec un champ des possibles infini

Faire face à des capacités devenues sans limites en matière de données financières

En matière de données, les possibilités semblent s’élargir sans cesse. Les volumes deviennent considérables et couvrent des domaines de plus en plus variés. S’ajoute à cela la multiplication des sources.

Les données financières ne sont plus les seules à être au cœur du pilotage des entreprises. En effet, ces dernières sont de plus en plus attentives aux dimensions sociales et environnementales.

Cette évolution est liée au renforcement des obligations réglementaires en matière de reporting extra-financier. Cependant, elle est aussi liée à la nécessité de répondre à de nouvelles attentes de la part des parties prenantes.

Parallèlement, les outils sont de plus en plus puissants. Ils détiennent des capacités de traitement qui étaient inenvisageables il y a encore quelques années. Il devient possible de manipuler facilement les données et notamment de les croiser pour tirer des enseignements du passé et faire des projections. Au quotidien, les équipes peuvent utiliser des solutions de BI, permettant de multiplier des tableaux de bord à la présentation souvent très attractive.

Ne pas se laisser submerger

Face à cette masse colossale de données et à la possibilité de générer une multitude d’indicateurs, le risque est d’oublier le sens de la démarche et de finir par se perdre. Il convient donc d’être vigilant pour éviter cet écueil. Surtout dans les ETI où les ressources sont généralement limitées. Il est essentiel de réussir à faire le tri pour se concentrer sur les sujets les plus importants au regard de la situation spécifique de l’entreprise.

Les données ont par ailleurs des origines très diverses, ce qui peut complexifier leur exploitation. Sans s’assurer au préalable de leur cohérence, il est très facile de se lancer dans des analyses déconnectées des réalités. Ainsi, vous aboutirez à des conclusions erronées.

Privilégier la simplicité

Se focaliser sur ce qui peut créer de la valeur

Il n’est pas possible de suivre des dizaines de tableaux de bord et des centaines d’indicateurs au quotidien. Il est ainsi indispensable de canaliser les initiatives pour se recentrer sur l’essentiel. L’objectif est de réussir à prendre du recul et d’avoir de la hauteur par rapport à une masse toujours plus importante de données. In fine, celles-ci doivent en effet faciliter la prise de décisions.

Même si aboutir à un tel consensus n’est pas toujours aisé, beaucoup d’entreprises ont fait le choix de ne pas suivre plus de dix indicateurs, parfois seulement cinq. Ainsi, elles sont en capacité de les analyser de manière précise et d’appréhender leur évolution dans la durée. La communication est également facilitée et gagne en lisibilité. En effet, elle permet de se concentrer sur ce qui a réellement de l’importance pour l’activité.

Les solutions du type CPM (Corporate Performance Management) constituent un levier majeur. En effet, elles permettent de disposer beaucoup plus facilement d’une photographie instantanée de l’activité, d’optimiser et rendre collaboratif :

Les équipes sont déchargées des tâches de compilation de données et peuvent se focaliser plus facilement sur d’autres points. Par exemple sur le prévisionnel, le suivi budgétaire et la consolidation financière, qui sont basés sur des données fiables.

Conserver de la souplesse

Face à la puissance des données, la tentation est parfois grande de mettre en place un modèle centralisé, qui permettra d’exploiter au mieux toutes les potentialités, comme calculer des coûts de revient en direct. Malheureusement, mener à bien un tel projet est souvent extrêmement complexe. Les délais sont également très longs. Techniquement, le système peut en outre manquer de stabilité, car il repose généralement sur des outils différents. Des montées de version sur certaines solutions peuvent alors générer des anomalies au niveau global.

Dans un souci d’efficacité, certaines entreprises ont donc fait le choix de renoncer à ces projets globaux pour s’en tenir à un socle commun de données standardisées. Un socle à partir duquel les métiers peuvent suivre les indicateurs qui les intéressent. Celui-ci pourra être progressivement étendu, mais ne permettra pas une couverture exhaustive. En revanche, il garantira que tous les acteurs parlent le même langage et que, si des indicateurs se recoupent, ils s’appuient sur un référentiel unique. Ils ne seront donc pas contestés et les échanges pourront être plus constructifs.

Dans un environnement de plus en plus mouvant et incertain, cette flexibilité préserve en outre la réactivité. Elle donne une plus grande capacité d’adaptation et permet de prendre en compte plus facilement de nouvelles priorités. Elle évite également de créer une dépendance vis-à-vis de quelques spécialistes concentrant la maîtrise du système.

Faire évoluer le rôle du DAF

Être le garant de la qualité des données financières

Les données jouent désormais un rôle central dans le suivi de la performance, mais il est indispensable de s’assurer au préalable de leur fiabilité et de leur cohérence. En raison de l’expertise qu’ils ont acquise de longue date en matière de données financières, cette mission échoit souvent au DAF y compris pour les données extra-financières. L’objectif est de capitaliser sur la discipline comptable et de leur appliquer la même rigueur qu’aux données financières. Cela malgré la multiplicité des outils à partir desquels elles peuvent être collectées.

Le positionnement transversal du DAF au sein de l’organisation constitue également une force, car il dispose d’une vision globale sans avoir de conflits d’intérêts. Il peut donc devenir une sorte de chef d’orchestre. Le rôle est de s’assurer que les données – qui constituent un véritable actif pour l’entreprise – sont protégées et organisées de la même manière dans toutes les entités. Aussi, que les règles qui ont été définies sont respectées dans le temps.

Jusqu’où étendre son périmètre de responsabilité ?

Si la plupart des DAF ont désormais la responsabilité des données extra-financières, des divergences existent cependant sur la portée de cette dernière.

Certains estiment que le DAF doit prendre en charge la définition et la production des indicateurs. D’autres considèrent que celui-ci n’a pas à entrer dans ces détails et à se substituer aux métiers, qui sont les seuls à connaître précisément leurs besoins. A ce titre, ces derniers doivent donc conserver la maîtrise opérationnelle de leurs données.

Quoi qu’il en soit, ces évolutions supposent de se doter de nouvelles compétences au sein des équipes de contrôle de gestion. Il faut également être capable de résister à une certaine dictature des données qui tend parfois à s’imposer. Celles-ci ont vocation à aider la prise de décisions. Elles ne doivent pas devenir un nouveau dogme et constituer un frein à la réflexion.

Infographie - Le DAF face à la data

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